Comptons-nous ! Recensements annuels de la population (1824-1882).

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Cote/Cotes extrêmes

1F365-582

Date

1824-1882

Biographie ou Histoire

L'idée de faire des recensements de population à l'échelle de la France est née sous Louis XIV avec l'enquête de Colbert en 1664 et la Méthode générale et facile pour faire le dénombrement des peuples de Vauban parue en 1686. Un certain nombre de recensements seront réalisés par feux (ou foyers), avant celui de 1774, le premier à présenter des listes nominatives.

Sous la Révolution, le décret des 19-22 juillet 1791 impose aux municipalités de tenir un registre des habitants et de le mettre à jour chaque fin d'année.

Tout au long du XIXème siècle, circulaires ministérielles et instructions préfectorales précisent principes et méthodes des dénombrements, en rappelant la nécessité pour les maires d'effectuer les opérations de comptage le plus exactement possible, le chiffre de la population servant de base à l'assiette des impôts (contribution foncière, contribution mobilière, patente, portes et fenêtres) ainsi qu'à l'organisation administrative et politique municipale (nombre d'adjoints et de conseillers, nombre de circonscriptions électorales,&).

Très irréguliers jusqu'en 1836, les recensements nationaux sont ensuite dressés tous les cinq ans, sauf pour celui de 1871 repoussé en 1872 et à l'exception des années de guerre (1916 et 1941). Ils donnent lieu après collecte des bulletins particuliers à l'établissement de listes nominatives en double exemplaire, l'une pour la préfecture, l'autre restant en commune.

A partir de 1946, l'INSEE (Institut national des statistiques et des études économiques) assure la collecte des renseignements individuels dans des feuilles de ménage, le maire apportant le concours de la commune à l'Etat pour l'organisation locale du recensement.

La population versaillaise "à la loupe"

Les premiers dénombrements de population conservés aux Archives communales de Versailles sont ceux de l'époque révolutionnaire : celui de 1790 présenté par paroisse (Saint-Louis, Notre-Dame, grand et petit Montreuil) et celui de 1792, effectué en application du décret de juillet 1791 et établi par sections (treize au total).

Pour le XIXème siècle, les recensements annuels de la population de Versailles, réalisés à l'initiative de la municipalité de 1824 à 1882, constituent une particularité archivistique du fonds communal de Versailles.

Sur une période longue, près de soixante années, cette série organique complète les recensements quinquennaux effectués au niveau national par l'administration, conservés en double aux Archives départementales (sous-série 9 M) et aux Archives communales (sous-série 1 F).

Présentés sous la forme de listes nominatives dressées par rue, par habitation et par ménage, les recensements municipaux indiquent les noms et prénoms des propriétaires, ceux des occupants, leur état ou profession, leurs enfants et domestiques, ainsi que le prix annuel du loyer et le détail du logement occupé (étage, nombre de pièces,&).*

L'objectif de l'opération est double : connaitre l'état et le chiffre exact de la population et « établir avec le plus d'exactitude possible les bases du rôle des contributions de l'année suivante » **.

Il explique le soin et la précision apportés chaque année à la réalisation de ces dénombrements, en priorité à but fiscal, et leur longévité, malgré le coût supporté par le budget d'une ville où l'industrie fait défaut et dont l'octroi constitue alors l'essentiel des ressources.

Les tableaux eux-mêmes s'inspirent des modèles-types utilisés précédemment pour recenser la population en vue de la constitution des états-matrices de la contribution mobilière, établis par maison et par propriétaire et rassemblés par rue et par quartier (« Déclarations des propriétaires et locataires de la maison sise& pour servir à la formation de l'état général de la population de la commune »)

 

Histoire de la conservation

Compte-tenu de sa forte valeur patrimoniale, un transfert sur support de conservation pérenne (microfilms argentiques 35 mm) a constitué de 2003 à 2008 le premier volet indispensable permettant d'exclure de la communication au public des originaux par ailleurs fragilisés.

Au terme du microfilmage de sécurité de très bonne qualité, la numérisation des 186 microfilms a été effectuée fin 2009 : ce second volet ayant pour objectif de constituer un support de consultation sur place et de diffusion avec mise en ligne ultérieure sur Internet.

Les préparatifs du microfilmage ont permis de vérifier en amont l'état matériel du fonds à traiter (contrôle du foliotage ou de la pagination, contrôle de l'état sanitaire), puis de mettre en œuvre les mesures de conservation curative/préventive appropriées :

  • restauration et nouvelle reliure des tables alphabétiques annuelles
  • dé-reliure des différents cahiers composant les volumes annuels pour assurer un microfilmage optimal (sans effet de courbures centrales des écritures). Les couvertures administratives d'origine, de peu d'intérêt et dégradées, ont cependant été conservées dans un souci de maintien de l'intégrité des documents
  • protection des registres reconstitués et sanglés sous papier kraft neutre
  • reconditionnement en cartons de conservation type Cauchard, confectionnés sur mesure en fonction de l'épaisseur respective de chaque registre

Présentation du contenu

La collection regroupe 49 tables alphabétiques annuelles (1832-1881, lacune pour l'année 1840) et 168 registres des recensements annuels (1824-1882), soit au total 217 registres reliés très volumineux et difficilement manipulables.

L'intérêt des listes nominatives de recensement est bien connu des généalogistes dont les  investigations seront facilitées par la consultation de cet instrument de recherche, publié avec le visa scientifique et technique des Archives de France.

Au-delà de leur utilité pour reconstituer l'histoire particulière des individus et des familles, ou mener à bien des travaux biographiques et prosopographiques, il s'agit de documents de base pour la démographie, l'étude des structures des populations et de leurs mouvements.

Complétés par le dépouillement d'autres sources (état-civil, listes électorales, documents fiscaux et notariaux,&), ils devraient permettre d'engager des recherches en histoire économique et sociale, à partir de l'analyse socio-professionnelle, ou encore des études sur les conditions d'habitat et de logement au XIXème siècle, avec en perspective d'utiles comparatifs entre les quartiers de Versailles et leurs différentes composantes.

 

Mode de classement

La cotation archivistique d'origine en 1 F. Population a été conservée, les cotes se présentant dans un ordre numérique cohérent et suivi, le traitement ultérieur complet de cette sous-série devant respecter les cotes affectées.

Chacun des 168 registres a fait l'objet d'une indexation complète par rues, présentées dans leur ordre alphabétique, avec renvois aux pages ou folios précis. Des tables de concordance entre les anciennes et les nouvelles dénominations de voies figurent en annexes, avec la mention des sites ou bâtiments recensés.

Cette indexation permet également d'élargir les possibilités de recherches autres que nominatives, à partir d'une rue, d'une maison, d'un immeuble, ou encore d'un quartier de Versailles.

 

Conditions d'accès

L'ensemble de ce fonds est accessible uniquement en numérique sur les postes de consultation en salle de lecture ou sur le site internet dédié de diffusion et valorisation des fonds et collections.

Notes

Afin de faciliter votre recherche, retrouvez ici les tables de concordance réalisées entre les noms anciens des voies et leur dénomination actuelle.

Cote/Cotes extrêmes

1F415-582

Année 1853 (1er volume).

Cote/Cotes extrêmes

1F493

Date

1853

Importance matérielle

1 registre, 1406 folios simples

Présentation du contenu

Registre de recensement de la population.

 

Anjou (rue d') : pages 870-967. Arpajon (rue d') : pages 764-765.

 

Bourdonnais (rue des) : pages 820-869.

 

Cathédrale (rue de la) : pages 1386-1397. Chantiers (rue des) : pages 232-339. Chevau-Légers (impasse des) : pages 410-413.

 

Gendarmes (impasse des) : pages 372-381. Grandes écuries du roi : pages 2-4.

 

Hazard (rue du) : pages 1120-1145.

 

Limoges (rue de) : pages 350-357.

 

Mairie (avenue de la) : pages 370-371. Marché-Neuf (rue du) : pages 1068-1089. Mazière (rue) : pages 1398-1406. Ménard (rue) : pages 360-369.

 

Noailles (rue de) : pages 136-185.

 

Occident (rue de l') : pages 974-1009. Orangerie (rue de l') : pages 1210-1373. Orient (rue de l') : pages 1046-1067. Ouest (place de l') : pages 346-349.

 

Paris (avenue de) : pages 2-79. Patte-d'oie (rue de la) : pages 80-85. Petites écuries du roi : pages 28-29. Poix (rue de) : pages 762-763. Pont-Colbert (rue du) : pages 342-345. Porte-de-Buc (rue de la) : pages 86-89. Potager (petite rue du) : pages 1374-1375. Potager (rue du) : pages 1376-1385.

 

Rossignols (rue des) : pages 754-761. Royale (rue) : pages 414-549.

 

Saint-Antoine (rue) : pages 776-791. Saint-Honoré (rue) : pages 550-625. Saint-Louis (passage) : pages 968-973. Saint-Louis (place) : pages 1198-1209. Saint-Louis (rue) : pages 792-821. Saint-Martin (rue) : pages 186-231. Saint-Médéric (rue) : pages 1090-1119. Sainte-Famille (rue) : pages 1010-1045. Satory (impasse de) : pages 748-749. Satory (rue de) : pages 626-745. Sceaux (avenue de) : pages 382-409. Sud (rue du) : pages 766-775.

 

Tournelles (rue des) : pages 1146-1197.

 

Vautrait (rue de) : pages 358-359. Vergennes (rue de) : pages 90-135.